A bord du Darjeeling limited

« Trois frères qui ne se sont pas parlé depuis la mort de leur père décident de faire ensemble un grand voyage en train à travers l’Inde afin de renouer les liens d’autrefois. Pourtant, la « quête spirituelle » de Francis, Peter et Jack va vite dérailler, et ils se retrouvent seuls, perdus au milieu du désert avec onze valises, une imprimante, une machine à plastifier et beaucoup de comptes à régler avec la vie… Dans ce pays magique dont ils ignorent tout, c’est alors un autre voyage qui commence, riche en imprévus, une odyssée qu’aucun d’eux ne pouvait imaginer, une véritable aventure d’amitié et de fraternité… »
(Source: Seriebox)

J’ai une étrange fascination pour les films de Wes Anderson. Autant j’aime beaucoup Baz Luhrmann pour l’esthétique presque chorégraphique de ses films, autant je crois que j’aime beaucoup Wes Anderson pour tout le côté à la fois burlesque et très très a propos de ses films. Car, il faut quand même l’avouer, dans aucun de ses films on ne retrouve une situation banale, mais en même temps on ne peut pas s’empêcher de se dire en regardant “mouais c’est vrai que ça peut arriver”. Alors oui vous allez dire “on peut dire ça de n’importe quel réalisateur et de n’importe quel film” mais c’est là que je vous arrête. Dans ses films, Wes Anderson nous montre des familles plutôt quelconques par exemple, on a pas un équilibre familial parfait. Je prend l’exemple de “Fantastic Mr.Fox”, le père est un voleur et un menteur, dans “The royal Tennenbaum” le père est un menteur et un manipulateur, les trois enfants sont incroyablement réel et vrai (un dingue du contrôle, un ultra dépressif à deux doigts du burn-out, et une qui a été adoptée, et qui a toujours été traité différemment par le père ce qui fait qu’elle est déprimée, constamment en colère). Ce ne sont jamais des familles normales de film, mais c’est toujours des familles normales dans la vraie vie, et c’est avant-tout là que ce profil la différence entre les films de famille de Wes Anderson et les films de famille de n’importe quel autre réalisateur. Il y a la patte Anderson dans la réalisation et il y a surtout la patte Anderson dans le scénario.

Je pense que j’ai suffisamment digresser sur mon amour inconditionnel des films de Wes Anderson, il est grand temps de s’attaquer à celui-là. Dès l’ouverture du film on peut déjà voir la patte du réalisateur. Toute l’attention que l’on porte à un personnages pour finalement se rendre compte que ce n’est pas le bon qu’on suit des yeux. C’est là pour vous faire sourire et vous accrocher et pour moi je peux vous dire que ça marche. Et très vite on rentre dans le vif du sujet, au fur et à mesure que Peter avance dans les wagons du Darjeeling Limited. Encore que, au début on se demande où le film veut en venir avec ce mec qui remonte un train comme ça comme si tout était normal. Mais c’est une fois qu’il entre dans sa cabine qu’on comprend très bien. Encore un film où Wes Anderson a mis en avant une histoire de famille. Et là on ne peut pas se louper, ces trois frère sont bien sorti de l’esprit incroyable du réalisateur. On retrouve donc Peter, un tout petit peu dépressif, on le pense abîmé par la vie mais en fait il a juste une peur bleue de l’avenir, Francis, l’aîné autoritaire et qui de ce fait pense tout savoir mieux que ses frères et Jack l’écorché vif, encore amoureux d’une ex, à la limite du harcèlement, le petit frère un peu fragile et influençable et qui s’inspire de sa vie pour écrire des nouvelles. Et plus on avance dans le film et plus on se rend compte que Peter est dépressif et peu sûr de l’avenir pour une bonne raison, Francis sait en effet ce qu’il y a de mieux pour ses frères, et Jack avait juste besoin de l’aide de ses frères.

Le film a beaucoup de ressort comique au milieu de toute la mélancolie ambiante. Et ça passe parfois par les différents secret que se raconte les frères ou les échanges du style “A demande à B ce que fait C, puis on échange B demande à C ce que fais A, puis on échange C demande à A ce que fait B”. C’est pas grand chose mais quand la scène s’enchaine je peux vous jurer que ça vous fait esquisser un petit sourire ou même rire si vous êtes bon public. Ensuite il y a toute les bourdes que font les frères. Tout ce qui dépasse la logique et où tout bon spectateur va se dire “heu tu es sûr de faire ça ? parce que c’est pas une bonne idée…” et bien forcément un des trois frères va le faire et ça va mal se passer. Francis est un ressort comique à lui seul, autant quand il commande ou prévoit des trucs pour ses frères en mettant en avant les points fort et les points faibles de ceux-ci (par exemple la commande des repas, la répartition des lits…tout) ou même quand il évoque ses blessures ou son accident. Même si le sujet de fond est tendu est grave, il y a toujours ces pointes d’humour qui pop, ce n’est pas de l’humour poussif où limite on vous force à rire comme on peut le voir dans “les nouvelles aventures d’aladin”, non c’est un humour plus léger bien que ponctué intelligemment et il fonctionne très bien. Et c’est de toute façon l’humour qu’on retrouve dans tous les films de Wes Anderson, c’est du burlesque, du comique de répétition et de l’absurde, mais là où certains films utilise la même mécanique et deviennent vite indigeste, ici on a le bon dosage et la bonne mise en forme pour ça reste amusant et que ça n’alourdit pas le film. La réalisation est dynamique sans devenir pour autant épileptique et exagérée. On ne va pas s’endormir devant le film mais on ne va pas non plus finir lassé par les images qui s’enchaine beaucoup trop vite et c’est le genre de réalisation que j’apprécie, quand on nous laisse juste assez de temps pour comprendre, voir et apprécier et qu’on passe a autre chose.


Le film est plein de piste au début pour savoir où on va sur la fin, il y a plein de petite métaphore ou de détails qui, quand on y repense une fois le film fini, nous donnait toute les indications pour anticiper la fin. Mais il y a aussi beaucoup de piste pour comprendre les personnages ou mieux savoir ce qu’ils ressentent. Je pense notamment à toute la partie avec les enfants qui tente de traverser un rivière. Si on réfléchit bien, on comprend que cette scène n’est pas anodine, elle est là pour qu’on comprenne mieux ce que ressent un personnage en particulier, mais surtout, tout le sauvetage est là pour transposer les trois frères sur les trois enfants dans l’eau. Ce film a une lecture secondaire que je trouve captivante, sans déconner, même si ce n’est pas inédit ou que c’est du déjà vu quinze mille fois, je suis toujours autant fascinée par ce genre de mécanique, mais en général on ne les voit qu’à la fin ou au second visionnage. Mais c’est pas plus mal, ça évite de totalement se faire spoiler un truc et ça permet également de finir le film en comprenant peut être plus de choses.

Bon vous l’aurez compris, j’ai adoré ce film, je dirais même que je l’ai aimé beaucoup beaucoup. On retrouve le casting classique de Wes Anderson, à savoir un Bill Muray qui fait un caméo plus qu’un vrai rôle, Owen Wilson, Adrien Brody et Jason Schwartzman  qui on respectivement 8, 4 et 5 participations au films de Wes Anderson, et Angelica Hudson qui a quant à elle 3 participations. Je trouve ça amusant comment parfois les réalisateurs ont juste leurs type ou même leurs chouchou dans les acteurs. J’adore ça, c’est comme aller voir une compagnie de théâtre jouer plusieurs pièce, changer de rôle, d’environnement, tout ça c’est incroyable et je crois que c’est aussi ce qui me séduit beaucoup dans les films de Wes Anderson. En tout cas, “A bord du Darjeeling Limited” était une excellente découverte, je suis heureuse de l’avoir vu, j’ai passé un réel bon moment à le regarder et je le conseil fortement si comme moi vous aimez les comédies légère et/ou Wes Anderson.

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