Forrest Gump

Forrest est un enfant différent, élevé uniquement par sa mère, son esprit lent et son dos tordu font de lui la risée de ses camarades d’école. Néanmoins il rencontrera Jenny dans le bus scolaire et une grande amitié naitra, Jenny lui donnant le meilleur conseil de sa vie, courir aussi vite qu’il peut pour échapper aux problèmes. Courir est ce qu’il fait de mieux et ça lui permettra même d’intégrer l’université, de sauver sa vie pendant la guerre du Vietnam mais également de réfléchir. Comment savons-nous cela ? C’est lui qui nous le raconte des années plus tard, alors qu’il attend le bus pour se rendre chez Jenny qui l’attend et qu’il n’a pas vu depuis longtemps.

Film du genre comédie dramatique, Forrest Gump a ému, émeu et émouvra des générations entières tant et si bien qu’il fait partie de ces films qu’on aime revoir passer à la télévision les jours fériés.  Réalisé par Robert Zemeckis (« Retour vers le futur » et « qui veut la peau de Roger Rabbit ») « Forrest Gump » raconte donc l’histoire des États-Unis à travers la vie du héros principal. Aussi osé soit le pari de faire de ce film un ensemble cohérent, Zemeckis l’a fait. Tout dans le scénario laisse à penser que Forrest est le papillon qui peut changer l’ensemble de l’histoire (oui un papillon comme dans le film « l’effet papillon »)

Au premier abord on peut penser que le film n’est qu’une coque vide, avec un beau papier cadeau autour pour faire genre « héhé je suis génial » mais plus on s’enfonce dans l’histoire et plus on peut se rendre compte qu’il y a un réel travail fait derrière tout ça pour rendre la narration plus que complète. Ça commence avant tout par la présence de ces gens sur le banc, quand le Forrest adulte va rejoindre Jenny. La première personne à ses côtés semble l’ignorer et le « juger » à chaque fois qu’il lui adresse la parole, ce qui fait donc un parallèle avec ses camarades de classes et le comportement qu’ils pouvaient avoir avec lui. Dans la même veine, le second homme à venir parler avec Forrest peut très rapidement faire penser aux personnes qui n’ont pas cru en Forrest quand il voulait se lancer dans la pêche à la crevette. Et la dernière personne sur le banc ressemble un peu à un mélange de Jenny et de sa mère, elle va encourager Forrest. Ce petit parallèle que j’ai pu constater va imposer un rythme au spectateur qui va avoir sans cesse une réminiscence des scènes précédentes. Tout comme le rythme imposé par les parallèles historique, cette trame de narration va apporter une certaine légèreté à l’histoire et permettre des pauses pendant les moments trop intenses ou trop longs.

Alors qu’au premier abord on pourrait penser que la « voix off » de Forrest pourrait désamorcer les moments importants, un peu comme la narration de Kev Adams dans « Les nouvelles aventures d’Aladin », il n’en est rien et parfois même le côté simplet de Forrest et sa façon de s’exprimer vont rajouter des sentiments supplémentaires. Aussi bien quand il annonce la mort d’une personne que quand il « anticipe » les paroles qu’une personne va avoir. Mais ce côté impliqué à 100% dans l’histoire apporte parfois à mon sens quelques incohérence. En effet, comment peut-il raconter de façon aussi détaillée ce qu’il arrive dans la vie de Jenny quand il n’est pas à ses côtés ? Elle peut lui en avoir parlé mais aussi détaillé ? Et bien apparemment oui mais je vous avoue que j’aurais aimé que ces scènes que je juge extérieur soit moins détaillée, tout simplement parce que même en racontant sa vie à quelqu’un on oublie forcément une chose ou deux, or là tout semble parfait.

Pour ce qui est de la réalisation on peut juste en dire qu’on ne peut que constater le soin que Zemeckis a mis au service de son œuvre. Tant et si bien que de mon côté une question persiste. Comment a-t ’il intégré Forrest Gump à toute ces séquences historiques ? Autant des questions comment « comment ont-ils supprimé les jambes de Gary Sinise » semble simple à résoudre, une bonne scie circulaire…heu non, un bon costume vert et hop des effets spéciaux informatiques. Mais pour l’incrustation de Forrest Gump le fond vert ne suffit sûrement pas puisqu’il fallait en plus de cela qu’il serre par exemple la main de Kennedy.

Des prouesses de réalisation ne font que renforcer l’admiration qu’on peut avoir pour ce culte du 7ème art et pourtant il y a certaines choses qui sont regrettable. En effet il n’y a pas vraiment de long plan dans un décors particulier. Les seuls décors vraiment persistant et que l’on va voir pendant une longue période du film c’est le banc où attend Forrest, et la maison de son enfance. Seulement les autres passent tellement rapidement qu’au lieu donner du dynamisme au film, ça l’écrase un peu et casse le côté rapide et entrainant de la vie. A l’inverse du film « N’oublie jamais » de Nick Cassavetes, où les plans sont long et où les décors ne bougent quasiment pas. La vie des protagonistes est quand même mouvementée mais la réalisation du film laisse plus le temps au spectateur d’assimiler des informations. Mais, là comme pour Forrest Gump, ça ne sert pas forcément le scénario qui lui est plutôt rapide. Donc en gros il aurait juste fallu inverser les réalisateurs…je suis tellement géniale

 

Et bien non, tout simplement parce que la réalisation d’un film ne sert pas forcément le scénario et peut par exemple servir d’appui au caractère d’un personnage. Dans « N’oublie jamais » enchaînement est lent, le décor est souvent le même car les personnages principaux s’enlisent dans leurs vies avant de finalement se rendre compte qu’ils ne sont pas bien et de changer totalement, et c’est d’ailleurs à ce moment dans le film que la réalisation prend un virage enchaînant rapidement les décors et les dialogues. Dans Forrest Gump, la redondance et la rapidité des scènes écrase certes le propos du scénario mais finalement il sert parfaitement à montrer le caractère de battant du héros qui même abattu par la mort d’un proche ne va pas laisser tomber et continuer de vivre.

 

En effet Eugène mais ce que tu oublies de dire que c’est même ce rythme qui va forcer Forrest à se relever. Car en plus de souligner son côté battant et dur à cuire, l’enchainement rapide entre le Vietnam et Bayou La Batre va donc faire en sorte que l’on va uniquement voir Forrest sortir de l’armée et tout de suite repartir dans une « autre vie ». Donc oui c’est rapide, ça me plait pas des masses et ce n’est pas facile de s’attacher à une personne ou à décors dans ces conditions mais il n’empêche que ce montage reste le plus efficace pour véhiculer de l’émotion et surtout pour nous faire comprendre la façon dont Forrest Gump fonctionne.

Et oui car même si Forrest Gump est indirectement présenté comme un autiste léger (ou moyen selon les gens) il n’en est pas au niveau de la personne qui ne va rien ressentir ni au niveau du génie absolue s’opposant totalement à « Rain man » sorti en 1988 de la patte de Barry Levinson. Forrest Gump pourrait être un garçon lambda s’il n’était pas si bête, et c’est justement pour cela que le choix d’acteur que l’on pourrait qualifier abusivement de « normal » s’est fait. Tout d’abord pressentit pour jouer le rôle-titre, Tom Cruise laissa finalement sa place à Tom Hanks qui avait pu exploser à l’écran dans « Philadelphia » sorti en 1993 et réalisé par Jonathan Demme. Autant on ne peut pas accorder à ce « jeune » acteur le fait d’être aussi beau que Mr Cruise, autant on peut l’honorer du titre quasi prestigieux d’acteur pouvant faire ressentir un million d’émotion dans un seul visage. (Tom le chaton). Mais attention, Tom Hanks ne crée par cet univers seul en racontant ses longues histoires, non, même si on pourrait penser que les autres personnages font partie du décor de l’histoire, changeant au fil de la vie de Forrest, ils ont également un rôle d’impulsion dans la vie du protagoniste. Tout commence réellement avec le médecin qui va poser l’armature sur les jambes de Forrest puisqu’en effet c’est lui qui va finalement le projeter dans le début de sa vie racontée et il va lui faire prendre un virage auquel on aurait dû finalement s’attendre. Jenny va également jouer un rôle important dans le décor de cette histoire puisqu’elle va planter le décor total des années et des mouvements de masses des époques évoquée, allant de l’époque « grease » de l’école en allant jusqu’au mouvement hippie et peace and love. Robin Wright, qui pourtant est à mon sens passe-partout (pas le monsieur de petite taille) arrive à donner toute les facettes au visage de Jenny.

On peut donc dire que Forrest Gump est une très bonne comédie dramatique qui non contente de proposer une trame scénaristique différente des comédies dramatiques courantes, offre également une vision de la vie totalement positive vue à travers les yeux d’un simple d’esprit préférant voir le bien plutôt que le mal. Du point de vue de Forrest Gump rien n’est un drame et on peut voir Jenny comme son contraire, comme son inverse, voyant de son côté que les mauvaises choses de la vie. C’est sans prise de tête, avec une légèreté plutôt enfantine et des tramages historiques réel que Zemmeckis nous fait donc voyager dans ce petit monde où la haine peut être balayé d’un simple « la vie c’est comme une boite de chocolat » ou peut être distancé quand on cour aussi vite que l’ont peu. Si vous aimez les drames je vous conseille de regarder ce film qui ne tirera pas les larmes, qui ne vous donnera pas un blues pas possible et qui permettra juste de suivre l’histoire d’une vie. Il n’est pas difficile d’imaginer, après l’avoir vu, pourquoi ce film reste un classique du cinéma qui repasse au moins une fois par an.

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