Le sourire de Mona Lisa

oui eugène est en Mona Lisa là. Un problème ?

« En 1953, Katherine Watson, une jeune femme libre d’esprit, fraîchement diplômée de l’université de Berkeley, intègre la prestigieuse école pour filles de Wellesley pour enseigner l’histoire de l’art. Déterminée à affronter les mœurs dépassés de la société et de l’institution, elle va insuffler à ses étudiantes, dont Betty et Joan, l’envie de se dépasser et d’avoir le courage de mener l’existence qu’elles souhaitent réellement vivre. »
(source: Seriebox)

C’est vous qui avez choisi ce film et si j’avais dû moi-même faire un choix, je pense que j’aurais préféré “la fille à la perle”. Bien évidemment si vous avez envie de donner votre avis à retardement, les story insta pour les choix de film sont toujours disponible sous l’onglet à la une “calendrier de l’avent”. J’ai beaucoup de sympathie pour Julia Roberts, jusqu’à présent je crois l’avoir apprécié dans chacun de ses rôles. Elle sait prendre des positions de femmes forte quand on regarde bien. Dans “Pretty Woman” est-ce qu’elle est seulement une prostituée entretenue ? Non pas totalement. Dans “Coup de foudre à notting hill” elle a également un fort caractère et elle sait donner son avis et même l’imposer quand elle sait ce qu’il y a de mieux pour elle. Je crois n’avoir jamais vu de film où elle est en position de faiblesse tout du long, même dans son apparition dans “Friends” elle n’est pas une simple fille un peu pouf. Mais alors pourquoi j’aurais préféré “la fille à la perle” ? Et bien parce que j’aime tout simplement ce tableau.

Difficile de ne pas se mettre à la place de cette prof dès son premier cour. Tout dans la réalisation de cette scène est fait pour qu’on se retrouve autant la tête sous l’eau que le personnage de Julia Roberts, d’ailleurs, j’ai comme un black-out des réponses au diapo tellement il y en a beaucoup et tellement elles sont données rapidement. Mais le film par cette scène nous met directement dans le bain, ça va pas être facile pour la nouvelle prof et on va bien le sentir passer, c’est juste l’entrée là qu’on a vu parce que le reste des plats qui arrivent risque d’être bien pire. Et quand une histoire est présenté dans la gradation comme celle-ci, je trouve ça toujours plus intéressant. On arrive mieux à rentrer dans l’histoire et à se mettre à la place du personnage. De plus dans ce film il y a une sorte de surenchère de la difficulté. Quand une phase est passée et qu’on espère un peu de répit, on se retrouve finalement avec une nouvelle phase de difficulté, soit similaire, autant sur l’intensité que sur le fond, soit différente, qui touche un sujet différent. Katherine Watson ne connaît aucun moment de répit et nous non plus.

Ici, il y a le mécanisme que j’aime le plus dans ce genre de film, la pension. Que ce soit dans l’internat des filles ou dans la pension de Katherine, on retrouve totalement le même mécanisme, la camaraderie. Dans l’internat des jeunes filles, cette camaraderie sert de support au discussion concernant la prof, les histoires de coeur, elles vont remettre en question tout ce que Katherine apporte, pendant ces moment privé. On remarque tout de suite la chef de groupe et on comprend vite que ce sera elle “l’ennemie numéro “ de ce film. Ce que j’ai apprécié par dessus tout, c’est qu’on ne tombe pas dans le grotesque, il n’y a pas de méchanceté gratuite et de tour de cochon de fait. Ce sont des jeunes femmes, elles sont à l’université et n’ont pas un comportement de gamine et c’est plutôt appréciable. Le film aurait pu tomber dans le cliché facile surtout qu’en 2004, beaucoup de comédie pour ado sont sortie, je pense notamment à “St.trinian’s” ou encore “Wild child” qui se passent dans des pensions et où l’intrigue est plus proche du burlesque et du grotesque.

Dans la pension de Katherine, là on a plus une ambiance feutrée. Là où les jeunes filles débrief méchamment la journée, Katherine va plutôt se poser des questions et en poser à sa logeuse qui va progressivement devenir son amie. Elle est moins sûre d’elle et d’ailleurs elle est entourée de moins de monde pendant ces scènes là, le film prend un plaisir non dissimulé à la placer en minorité et à l’écart, comme pour souligner sa façon de penser qui est plus en avance par rapport au corps enseignant et aux élèves (ainsi que les parents).

Parce que oui, ce film ne parle pas d’art, non ce film parle de féminisme. Parce que ça se passe en 1953, certains des conseils ne sont pas transposable à notre époque, et pourtant beaucoup de conseil donné par Katherine ne sont pas désué. Il y a une ode au féminisme et à la prise d’indépendance des femmes. Katherine va d’ailleurs les pousser, en parlant toujours d’art, à se prendre en main, à faire des choix qu’elles n’auraient peut être pas fait autrement et pour l’époque c’est pour cela qu’elle dérange. D’ailleurs, la façon dont elle est perçue me rappelle tellement la façon dont Robin Williams est vu dans “le cercle des poètes disparu”. Il est un ovni dans la façon de penser des jeunes, les parents ne le comprennent pas non plus et ils vont finir par vouloir le censurer. Et c’est également cela ici, les propos de Katherine Watson dérange, car elle ne pense pas comme la majorité, parce qu’elle veut faire avancer la condition de la femme qui à cette époque ne se pensent bonne qu’à tenir une maison, enfanter et parader au bras de son mari et pour qui, aller à l’université, sert uniquement de base pour rencontrer l’homme parfait et se marier. Les études importent peu pour ces jeunes femmes, elles ne veulent pas suivre leurs rêves mais suivre les rêves que certains ont fait pour elle. Je pense notamment à Betty Warren qui le dit clairement, sa mère a toujours voulu de ce mariage. D’ailleurs on la voit à plusieurs reprise pousser sa fille à se complaire dedans même si elle ne se sentait pas bien.

En bref je vous conseil ce film, il est vraiment bien, et la construction est sublime. En plus c’est une façon plutôt agréable de parler de féminisme. Même si le discours du film est donné à des femmes des années 50, je peux vous promettre que certains des propos sont actuellement applicable. Ici, rien n’est fait pour vous bourrer le crâne, non tout est fait dans la souplesse et la délicatesse. C’est un film feel good, il vous fera passer un bon moment. Et nom d’un chien, je me fais violence pour pas le revoir maintenant, si j’avais le temps je pense que je le regarderais à nouveau. Les personnages ne sont pas stupide, ne sont pas niais, non ils sont humain, et le discours est beau. Alors pourquoi se priver d’un tel film.

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