Minori

« Adrien est un jeune homme français expatrié au Japon. Son rêve ? Devenir un grand mangaka. Sauf que le jour de son entretiens avec un studio, rien ne se passe comme prévu. Il échange sa pochette de dessin avec Minori, une jeune dessinatrice rêvant également de devenir mangaka mais qui se laisse guider par ses peurs »

Bon on va être franc, sur un court métrage de 20min je peux techniquement pas faire un article de 12 pages, et je ne mettrais pas de screen parce que ça gâcherait le film, du coup cet article va sembler bien vide. Pour ceux qui vivent dans une grotte, “Minori” est le nouveau court métrage de Cyprien Iov et François Descraques. Et je suis tellement une fan inconditionnelle du boulot de François Descraques, il a un truc qui rend rapidement accroc à ses courts métrages et autres séries.

Déjà ce que j’ai adoré au début, Adrien se lève dans le métro pour sortir, Minori rentre dans le bâtiment. C’est un parallèle de scène qui est vraiment très intéressant, il présente les personnages bien plus que le reste de la scène d’introduction. Adrien est un fonceur, il va d’un point A à un point B sans hésiter. Alors que Minori est plus hésitante, le chemin du point A au point B sera plus long, il prendra d’autre chemin. C’est tout ce que cette scène veut dire.

La scène d’introduction n’est pas très longue, je dirais même qu’elle ne dure que 2 ou 3 minutes et très vite on cerne les personnages. Minori effacée, stressée, peu sûre d’elle mais en même temps très à sa place et Adrien, bavard, qui se détache de l’ensemble par ses manières à la fois polie mais exagéré à la manière d’un étranger qui débarque dans un pays qu’il ne connaît pas vraiment. c’est rapide et efficace et c’est tout ce qu’on demande a un court métrage, de ne pas s’alourdir avec des descriptions, des scènes trop longues et là pour l’intro c’est parfait.

La suite de l’histoire est très contemplative, il y a très peu de dialogue, très très peu de pause tellement le personnage se déplace et voyage, nous fait voyager. Le but premier de ce film, je dirais que c’est de faire voyager à travers le japon souvent trop peu représenté. Alors attention, je ne dis pas ce qui est présenté dans “Minori” c’est 100% du japon, je dis juste que mis à part les cerisiers en fleurs qui sont clairement le grand classique de la culture nippone, le reste c’est des décors et des paysages qu’on a pas l’habitude de voir sous cet angle.

Les couleurs sont également très importante, quand on regarde bien Adrien est le seul coloré dans le court métrage, le seul qui va se détacher de toute l’ambiance du film avec ses cheveux blonds et son pull jaune, alors que tout le reste du monde est grisâtre, très faiblement coloré et nous saute moins aux yeux. Même Minori passe à la trappe finalement. Et là j’ai deux idées qui me viennent quand je vois ça, soit c’est pour confirmer le côté étranger au pays, nous montrer que Adrien est paumé, il est étranger, il est loin des coutumes locale. Soit le but est de le démarquer en tant que personnage principal et donc l’exclure de l’histoire en voulant finalement le mettre bien à sa place.

Le court métrage oscille entre drama et anime selon moi. Tout dans les couleurs et la luminosité arrive à donner un effet “dessin” à des scènes qui sont pourtant des prises de vue réelle. On se croirait presque dans un anime ou dans un manga de type Shojo et mine de rien je trouve que c’est très esthétique, j’aurais jamais pensé pouvoir voir ça.

Et bien évidemment on se croirait dans les premiers instant d’un drama, dans le premier épisode où l’élément déclencheur rapproche les deux personnages qui vont avoir pléthor d’épisodes pour se connaitre et développer l’intrigue. Il y a de l’humour, un humour qui m’a ramené à mon adolescence et aux moments où je me gavais de drama comme “Hanazakari no kimitachi e” ou encore “Hana yori Dango”.

J’ai adoré les courts métrage de Cyprien, il arrive à faire des scénarios qui tape dans l’oeil directe et font accrocher pour les 20-30 min d’oeuvre qui nous sont proposé et en demander plus par la suite. Mettre François Descraques à la réalisation c’est du pur génie. Les deux ont réussi à nous faire un film, très poétique, aussi bien visuellement, que musicalement. La bande son est sublime, je pourrais l’écouter pendant des heures et des heures. On ne peut être qu’happé dans l’histoire. Je vous conseil particulièrement ce court métrage.

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