Old boy

un mélange entre Nicolas Sirkis et Edward aux mains d’argent

« A la fin des années 80, Oh Dae-Soo, père de famille sans histoire, est enlevé un jour devant chez lui. Séquestré pendant plusieurs années dans une cellule privée, son seul lien avec l’extérieur est une télévision. Par le biais de cette télévision, il apprend le meurtre de sa femme, meurtre dont il est le principal suspect. Au désespoir d’être séquestré sans raison apparente succède alors chez le héros une rage intérieure vengeresse qui lui permet de survivre. Il est relâché 15 ans plus tard, toujours sans explication. Oh Dae-Soo est alors contacté par celui qui semble être le responsable de ses malheurs, qui lui propose de découvrir qui l’a enlevé et pourquoi. Le cauchemar continue pour le héros. »
(Source: Allociné)

Ah ce film, j’ai mis du temps à le trouver, que ce soit en VO ou en VOSTFR ou encore même en VF. C’est incroyable comment il est difficile à trouver donc si vous voulez le voir, de bonne qualité et tout, je vous conseille la location sur google play. Enfin bref, je l’ai enfin vu et je suis ravie.

Dès le départ, on nous plonge dans le bain, on nous montre la vie de Dae-Soo telle quelle était avant, on le voit ivre au commissariat, chérissant sa fille, prévoyant de lui offrir de magnifique aile blanche et pure. Puis là blackout, et on arrive dans le présent de l’histoire. L’introduction joue parfaitement son rôle, elle nous expose les personnages, les problèmes, les enjeux tout, ou du moins elle nous présente LE personnage, celui qui va dérouler l’histoire autant pour lui que pour nous.On ne va pas se mentir, c’est pas l’introduction la plus courte de l’histoire du cinéma, ce n’est pas non plus la plus longue hein, mais en tout cas c’est un bon morceau de film cette intro et elle est utile. Si tout avait été résumé je pense qu’on aurait moins pu capter et appréhender la douleur et le déséquilibre psychologique et émotionnel de Dae-Soo. Pour nous immerger dans cette folie, le film se permet même un petit parallèle entre la transformation de Dae-Soo en “monster” et la transformation de Bruce Banner en “hulk”. L’environnement devient verdâtre, Dae-Soo agite la tête, s’agite, perd pied, il devient incontrôlable, il développe sa seconde personnalité de monstre, comme Bruce développe sa personnalité de Hulk de la même manière. Il entre dans une rage folle dont le moteur est surtout son envie de vengeance.

Néanmoins, ce film demande tellement de concentration et d’attention. L’histoire est dense et malgré un démarrage tout en longueur, le film enchaîne quand même rapidement des informations clés qui sont nécessaire pour continuer à suivre le film. Le film prend très rapidement un tournant ultra dramatique très compliqué qui fait que chaque minutes de chaque scène a finalement son importance. Cela va créer des moments où on va sentir l’histoire trainer et où on va avoir envie de skipper des bouts mais surtout ne faites pas ça. J’ai eu le malheur de pas suivre 30sec le temps de faire un truc, résultats j’ai dû attendre qu’ils évoquent à nouveau la piste de l’histoire pour enfin comprendre parce qu’une fois qu’un événement est passé c’est fini. C’est un des gros point noir de ce film qui finalement ne laisse pas la place à un public un peu plus lent ou plus fatigué. J’avais déjà remarqué ce problème dans “sympathy for mr Vengeance”, c’est des films qui demandent tellement d’attention et de concentration que c’est difficile de ne pas décrocher en réalité. Un film doit rester un divertissement et là c’est un pur jeu d’enquête..

Ce film est centré sur une violence exacerbée et totalement excessive. Je trouve personnellement que cacher est plus violent que montrer, je déteste voir du gore pour voir du gore, je préfère savoir qu’une scène a été violente et sanglante mais après que les actes se soient passé et ai été caché à l’écran, plutôt qu’assister à toute une scène de torture et voir et entendre toute les horreurs qu’il se passe. Je comprends bien que le film montre que Dae-Soo n’a plus aucune limite ni plus aucune notion de bien et de mal parce qu’il n’est animé que par la vengeance et son envie de faire payer la personne qui l’a enfermé. Mais je pense que le film aurait pu être travaillé différemment pour qu’on comprenne tout ça sans passer par des scènes sanglantes à base de torture à coup de marteau.

La seule scène de “violence” que j’ai apprécié c’est sûrement celle qui est la plus connu. Dae-Soo parcours un couloir et frappe un à un chaque homme se trouvant sur son chemin. A la manière d’un “beat them all”, la progression de cette scène montre comment Dae-Soo seul arrive à avancer alors qu’il est cerné par de nombreuses personnes représentant chacune un point d’ombre de plus dans sa vie et dans sa quête de la vérité. Il est porté par son envie de vengeance et son envie d’atteindre le bout de ce couloir où il espère trouver des vérités. C’est une marée humaine qui passe devant lui mais il parvient à s’en dépêtrer, à la fois esthétique et clin d’oeil aux jeux des années 80-90, cette scène prouve que notre héros va être capable de franchir tous les obstacles qui vont le séparer de la vérité.

Faire un film avec des passages manquant, des éléments du passé qui viennent définir le présent dans lequel on se trouve, mais sans pour cela utiliser une multitude de flashback c’est apparemment possible. Du moins dans ce film on a une utilisation plutôt modéré du flashback, ce dernier ne servant a illustré qu’une partie précise de l’histoire. Les éléments du passés qu’on obtient sont le plus souvent délivrée dans des dialogues ou des détails dans les scènes comme des photos ou autre. Il est également important de se rappeler des prénoms dans ce film car ils ont une importance et reste un gage du passé. Je me suis retrouvée à un moment dans le film à me demander qui était une personne, son nom ne me parlant pas, et pourtant on l’évoque tellement de fois, et c’était la pièce qui me manquait je pense pour mieux comprendre certains enjeux. Pour ce genre de situation j’aurais aimé des flashback rapide genre on nous dit “c’est Michel” et là paf flashback de la tête de Michel la première fois qu’on l’a vu. Autant on nous simplifie la compréhension de l’histoire passé, autant les éléments pour suivre l’histoire sont rendu un peu hard à saisir.

Ce film est un chef d’oeuvre niveau réalisation, l’intrigue nous tient en haleine et nous pousse à continuer nous aussi l’enquête menée par le protagoniste. Je trouve également qu’il est le plus représentatif de la vengeance dans ce tryptique. Là où ce pilier central était selon moi trop effacé dans le “sympathy for Mr Vengeance”, là il est bien présent et il sert même d’articulation à tout le film. C’est le moteur du héros, mais pas seulement, toute l’histoire repose dessus du début à la toute fin. Et la fin parlons-en, j’avais peur d’arriver sur une fin trop entendue, quelques choses de trop téléphoné qui répond brièvement à nos questions mais sans approfondir mais là, la fin apporte la conclusion parfaites. Les personnages ont une fin, et quelle fin sérieusement, je pense qu’on aurait pas pu imaginer mieux. La scène finale et selon moi la plus belle, faisant écho directement à la scène d’ouverture, Dae-Soo retrouve sa tranquillité du début, l’ivresse en moins, on le voit directement par le rappel du blanc que l’on retrouvait dans les ailes d’anges, mais également l’évocation de la paix céleste avec les nuages épais et cotonneux qui envahissent le ciel.

Avez-vous déjà vu ce film ? Comptez vous le voir ?

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