Jour 13: Comme des frères

« Depuis que Charlie n’est plus là, la vie de Boris, Elie et Maxime a volé en éclats. Ces trois hommes que tout sépare avaient pour Charlie un amour singulier. Elle était leur sœur, la femme de leur vie ou leur pote, c’était selon. Sauf que Charlie est morte et que ça, ni Boris, homme d’affaires accompli, ni Elie, scénariste noctambule et ni Maxime, 20 ans toujours dans les jupes de maman, ne savent comment y faire face. Mais parce qu’elle le leur avait demandé, ils décident sur un coup de tête de faire ce voyage ensemble, direction la Corse et cette maison que Charlie aimait tant. Seulement voilà, 900 kilomètres coincés dans une voiture quand on a pour seul point commun un attachement pour la même femme, c’est long… Boris, Elie et Maxime, trois hommes, trois générations, zéro affinité sur le papier, mais à l’arrivée, la certitude que Charlie a changé leur vie pour toujours. »
(Source: Allociné)

Allez encore une fois dans ce calendrier mais, je n’avais pas envie de voir ce film. Quand j’ai lu le synopsis (oui pour une fois je l’ai fait) j’étais mitigée  et franchement pas emballée par ce qui était raconté. En plus quand on vous estampille un film comme « film français » je vous jure que ça donne encore moins envie. Mais le manque de temps et le fait que changer un planning pour la 112ème fois ça fait chier, ça motive à regarder les films qui ne font pas envie et ça a été le cas ici. Donc « Comme des frères » peut dire merci à ma flemme, parce que sinon il sautait. Et ça aurait pu être dommage parce que ce film était beau, ce n’est pas le film du siècle mais il reste très sympathique à regarder et à découvrir.  Je vous préviens d’avance que je vais très certainement rapprocher ce film d’un autre qu’on a vu l’année dernière mais is ok, c’est apparemment le thème de ce calendrier de l’avent.

Alors déjà j’ai beaucoup de mal avec  François-Xavier Demaison habituellement mais je dois vous avouer que là je l’ai apprécié, je l’ai trouvé drôle et touchant et ça fait du bien, parce qu’habituellement c’est plutôt un gros lourd pas drôle mais qui fait des blagues toute les quarante secondes pour montrer qu’il est bien là et qu’il existe. Mais ici, il avait son humour, parce que je pense que c’est un truc qui le défini bien, mais il était ultra touchant je trouve, on le sentait blessé et triste. Et c’est un peu pareil pour tous les autres personnages en réalité. Et personnellement c’est ce que j’ai apprécié, je trouve que pour un film français (qui n’est généralement pas gage de qualité) on avait plus de dimension dans le scénario, plus de délicatesses que ce qu’on peut voir d’habitude. On n’est pas juste sur un drame, on n’est pas dans une comédie, on est dans un format hybride, très connu dans les films étrangers en fait, mais qu’en France on a toujours eu du mal à maitriser. Je n’irais pas jusqu’à dire que là on a un film de génie, parce qu’en fais le scénario me fait beaucoup penser à un autre film, mais on est sur un petit film sympathique qui se regarde tout seul, avec certes des petits plot redondant en fait, mais globalement bien agréable à regarder. Au niveau du fond du scénario, personnellement j’avais l’impression de voir une version française de « à bord du Darjeeling limited ». Un groupe de trois hommes, lié par la même femme, qui part faire un road trip pour aller rejoindre un endroit significatif pour cette femme. Je pense que c’est justement pour ça que j’ai apprécié le film, parce qu’il ressemble énormément à un Wes Anderson et que si vous avez suivi ce que je disais l’année dernière, Wes Anderson c’est mon chouchou, je l’aime énormément et j’adore son style. Mais mine de rien, on aurait pu couper une grosse partie du film, les flashback étaient sympa, ils permettaient de mieux comprendre les liens entre Charlie et les garçons, mais les flashback + les longueurs de la route ultra redondantes bah ça fait trop et on aurait pu couper un peu dans le gras pour faire quelques choses de bien plus digeste.

On n’est pas sur un chef-d’œuvre de réalisation, il est assez basique à l’image, mais je pense aussi que dans ce genre de film on ne peut pas non plus faire des trucs extravagant et renversant. Je pense au film « Lullaby » qui là, arrive à avoir une réalisation particulière et des traitements de plans assez particulier, mais on parle également d’un film ultra cryptique, qui va garder un grand mystère jusqu’à la fin et la réalisation se calque dessus. Alors que là, le seul grand mystère de toute cette aventure, c’est qu’on ne sait pas comment des personnes aussi diamétralement opposées ont pu se rencontrer et se lier d’amitié. Et cette question ne trouve une réponse qu’à la toute fin. Donc on a bien un côté cryptique comme dans « Lullaby » mais il n’est pas assez prononcé, pas assez intense pour que niveau réalisation on ait des particularités, des petits plus ou des petites fantaisies. Néanmoins on est pas sur un film dégueux ou un truc un peu bancal mais juste, j’aurais aimé plus. Et d’un côté, je me dis que les films de Hugo Gelin  n’ont jamais été ma tasse de thé. « Demain tout commence » avait été compliqué à regarder, déjà parce que je n’aimais pas les acteurs principaux, et ensuite parce que la réalisation était ultra fadasse. Ici on a un peu plus de piquant mais pas assez pour en faire un film incroyable. On a des plans longs, souvent fixe, peu de jeu de couleur, d’intensité lumineuse mis à part au motel et encore, je ne sais pas si c’est pour donner un effet morgue/glauque ou pour le côté humour en mode « ahaha ils n’ont pas de chance, ils sont dans un motel pourri ».

Mais personnellement je trouve qu’il y a une chose qu’on réussit bien dans les films français, c’est l’ambiance musicale et sonore. Et ce film ne déroge pas à la règle, que ce soit l’ambiance sonore/musicale classique qu’on a pendant des petites scènes, juste pour accompagner les propos ou les musiques qui sont dans les souvenirs, qui sont chargées d’émotion et de sentiment, je pense notamment à « shame shame shame » de Shirley  & co qui revient à plusieurs reprises et au début on se dit que c’est juste une chanson comme ça genre, un petit souvenir, et au final on se rend compte qu’elle a plus d’importance, qu’elle compte, qu’elle fait partie de Charlie peut être tout autant que tous les moments qu’ils ont passé avec elle, tous les objets, les sentiments, les lieux. Et je trouve ça intéressant comme propos, de se servir de la musique comme d’un moyen de montrer l’impact sur la mémoire, car je peux vous le jurer, parfois ça peut être juste la sonorité d’un mot, et ça vous parachute des années en arrière, ou juste ça vous projette une image mentale d’une personne que vous avez perdu. Et ce film met l’accent sur ce point, et personnellement je trouve que c’est hyper intéressant.

« Comme des frères » est un film incroyablement touchant et doux, même si en tête d’affiche on a un acteur connu pour son humour lourdingue, le film reste léger, pas rébarbatif. Ce n’est pas le film du siècle et vous n’allez pas vous claquer le cul par terre après l’avoir vu, mais vous allez très certainement passer un bon moment en le regardant. Ce que je trouve dommage c’est qu’on ne sait pas vraiment comment Charlie était considéré par les mecs, c’était juste une bonne amie, un love interest, une sœur, on ne sait pas et à la toute fin, je reste persuadée que le personnage de Nicolas Duvauchelle reste amoureux de Charlie et reste avec sa copine par dépit et ça me perturbe. En tout cas, jusqu’à la toute fin j’ai eu une pensée pour « a bord du Darjeeling limited » et c’était clairement pas pour me déplaire, je reste donc persuadée qu’il y a de forte inspiration même pas cachée mais bon, rien n’est inédit en réalité donc ce n’est pas grave.

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