Jour 20: Après moi le bonheur

« Lorsque Marie-Laure, mère de quatre jeunes enfants, apprend brutalement que le cancer qui la ronge ne lui laisse que quelques mois à vivre, elle ne songe plus qu’au bonheur de ses enfants et à leur avenir. Bien décidée à ce qu’ils grandissent ensemble dans une même famille, elle se heurte à la rigidité des services sociaux qui lui opposent une fin de nonrecevoir. Révoltée, Marie-Laure ne s’avoue pas vaincue. Grâce à l’aide de ses proches et des médias, elle mène un combat acharné pour le droit à décider du sort de ses enfants après sa mort. »
(Source: allociné)

J’avais entendu parler de cette histoire à l’époque, les médias en avait tellement parlé que ça m’avait touché en plein cœur (enfin en plein bout de charbon). Je ne savais pas que la maman avait fait un livre et que du livre avait découlé un film ou un téléfilm, j’ai découvert ça en faisant ma liste pour le calendrier de l’avent et bien évidemment j’ai sauté sur l’occasion de le voir. Je ne sais pas si ce qui est raconté est 100% vrai ou légèrement arrangé pour plaire au spectateur et je pense que la seule personne qui pourrait attester ou non de la véracité des propos n’est malheureusement plus parmi nous.

Parler de ce genre de film c’est toujours un tout petit peu compliqué. On ne peut pas juger réellement le scénario car on parle d’une vie réellement vécu, de faits qui se sont réellement passés et donc les juger je trouve ça malsain en réalité. Néanmoins je vais essayer de parler brièvement de l’histoire de ce film parce que si mon avis se résume à « ouais j’en avais entendu parler à l’époque » je pense que c’est un peu light. Ce que je trouve bien dans la narration de ce film c’est que tout se passe comme si on était directement impliqué dans l’histoire, comme si nous étions de proche de Marie-Laure, qu’on est avec elle dans cette aventure. Personnellement ça m’a pris au trippe, je me suis sentie tellement useless, c’est une histoire passée et pourtant j’aurais aimé changer les choses, j’aurais aimé l’aider. Et je pense qu’on aurait (enfin que je n’aurai) pas eu ce sentiment d’inutilité si l’histoire avait été tournée différemment. Le propos de l’histoire est servi par sa construction. Si on avait eu des flashback, des narrations par-dessus l’histoire, ou encore des différenciations de chronologie en mode « un coup le présent, puis le futur, puis le présent puis le passé, le puis le futur… » je pense qu’on aurait beaucoup perdu en sentiment et en émotion et là au contraire, tout a été sublimé par le temps qui passe à son rythme, par la vie qui va continuer son cours et d’ailleurs en parlant de ça…le final était merveilleux, il n’était pas choquant mais il était triste et touchant, dans la lignée du film, dans sa continuité et comme si rien n’allais s’arrêter vraiment.

En même temps dans ce genre d’histoire, j’ai aussi l’impression d’être un peu voyeuriste, d’être là à assister au malheur des uns pendant que moi je suis pépouze dans mon plaid devant mon pc, un tasse de thé à la main. Là j’aurais volontiers sauté des passages, je comprends que ce soit important de montrer la maladie, son évolution et la façon dont la finalité va être accueilli, j’aurais volontiers sauté des passages durs comme les crises de douleur, la panique, les crises de larmes mais uniquement parce que ma sensibilité de spectatrice a été atteinte en fait. Faire partie du mal des gens reste pour moi quelques choses de compliqué quand ce n’est pas totalement choisi. Et là, même si j’ai choisi de voir ce film, je n’ai pas choisi personnellement d’être présente quand la personne est au plus bas, donc je ressens plein d’émotion contradictoire, comme une envie de continuer à voir, voir que la personne se bat, voir son courage, mais j’ai aussi le sentiment d’être de trop, de ne rien avoir à faire là. Je ne dirais pas que c’est un problème de scénario mais plus un problème de ressenti personnel (à moins que d’autre ai ce sentiment en réalité).

Néanmoins, je ne saurais pas dire si ce film est bien un film ou plutôt un téléfilm, le format laisse à penser qu’on est sur une œuvre de petit écran mais je trouve que le soin apporté à certaines scènes, certains passages, certains dialogues, n’ont rien à envier à de grands drames du cinéma. Je n’irais pas jusqu’à comparer « après moi le bonheur » à des films comme « le temps d’un automne » ou encore « ma première fois » mais quand même, je pense qu’il aurait pu sortir en salle et totalement rivaliser avec des grands titres de film dramatique. Visuellement il est purée de beau, on n’est pas sur un grain low cost ou un grain téléfilm de TF1 du lundi après-midi. Après c’est sûr qu’on n’est pas sur un grand film, avec un budget de ouf, des plans au millimètre près, parfois c’est maladroit ou un peu particulier chelou mais dans la globalité c’est un beau film.

Cet article sera très court j’en ai bien peur mais que dire d’une œuvre qui vaut un mémoire, qui vaut un film de famille. C’est compliqué d’en parler parce que je n’ai pas vécu tout cela, je n’étais pas là même si le film veut me faire ressentir le contraire et surtout, il n’y a aucune critique à faire à cette histoire, aucun jugement de valeur à apporter parce qu’on ne connait pas la détresse de cette femme, on ne sait pas comment son chemin a dû être compliqué à prendre. Renoncer avant même que ce soit la fin c’est plus difficile que ça en a l’air je pense.  Mais en tout cas si ce film peut nous aider c’est à comprendre comment l’administration, parfois, c’est mal foutu, c’est un processus encore plus emmerdant dans une situation déjà bien chiante, on en avait déjà tous un petit aperçu je pense et ce film nous ouvre les yeux. Alexandra Lamy était géniale, elle a porté se rôle a la perfection, elle était éblouissante et émouvante comme jamais. Si vous n’êtes pas trop sensible, je ne peux que vous conseiller de le voir ou a minima de lire le livre parce que cette histoire est belle, même si elle est triste, elle redonne un peu foi dans le genre humain.

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