Jour 7: La famille Willoughby

« Il était une fois une noble famille nommée Willoughby. Leur génie et leur amour étaient transmis de génération en génération jusqu’au jour où le dernier descendant de la famille et sa femme qu’il aimait énormément eurent des enfants. L’amour qu’ils se portaient l’un à l’autre était si fort qu’il n’en avait plus à offrir à leurs enfants : un garçon, sa sœur et deux jumeaux. Ils grandissent alors méprisés par leurs parents qui les voient comme un problème et ne leur accordent pas la moindre attention. Un jour, les enfants perdent patience et mijotent un plan pour se débarrasser définitivement de leur parents et former une vraie famille parfaitement parfaite. Ils comprendront alors ce qu’est réellement la famille. »
(Source: Wikipédia)

Je suis une fan inconditionnelle de la série de livre « les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire » et quand j’ai lu le synopsis de ce film, ça m’a beaucoup fait repenser à ces bouquins. Je me suis donc lancé dans ce film à sa sortie sur netflix et j’ai adoré. A la base, c’était un autre film qui était prévu mais il était totalement introuvable, et même si le dvd ne coutait rien, ça me faisait chier de l’acheter surtout si le film n’était pas si ouf par la suite. Alors j’ai attendu le nouveau film de noël de Netflix, mais contrairement à l’année dernière il n’y en avait pas (ou alors je ne l’ai pas vu passer) et j’ai donc décidé d’échanger le film introuvable, j’ai nommé « le chant de la mer » par « la famille Willoughby » qui m’avait marqué quand je l’avais vu.

On est clairement sur un film pour enfant voire même pré-adolescent / adolescent. Les thématiques abordées sont à la fois ultra simpliste et en même temps bah il y a tout le côté des parents qui vont abandonner leurs enfants pour aller vivre des aventures ou  même toute les remarques en mode « oh mon dieu je les déteste » des parents quand ils voient leurs progénitures. A mon sens, un enfant trop jeune ne comprendra peut être pas ce qu’il se passe ou au contraire va le comprendre et l’assimiler et ça peut causer un léger traumatisme, je sais que personnellement si j’avais vu ça étant enfant, je n’aurais pas pu m’empêcher de me demander après coup si mes parents pensent la même chose de moi, s’ils ne préféraient pas partir en voyage plutôt que nous garder. Mais ce que j’ai apprécié c’est justement ça, le fait qu’on ne soit pas dans une histoire à 100% mignonne, il y a des choses dures et des choses horribles qui se passent, qui sont raconté et ça change un peu, surtout quand ça vient donc du groupe de référence direct du héros. Alors des films où le ou les héros sont bully par les parents ou grand-parents ou beaux-parents ça existe. Je pense notamment à « Cendrillon » dans toutes ses adaptations, « Mathilda » que ce soit dans le livre de Roald Dhal ou dans le film de Danny deVito, mais là, la différence réside dans le fait qu’on parle du rejet d’une fratrie entière et surtout que le rejet des enfants n’a pas de sens.

Pourquoi la marâtre n’aime pas Cendrillon ? Parce qu’elle est la fille d’une autre, et qu’à la mort du père de Cendrillon, elle se retrouve seule pour l’élever alors que bah, ce n’est pas sa rejetonne, donc il y a une espèce de logique. Pourquoi les parents de Mathilda la rejette ? Ils l’aiment à leurs façon, mais elle est différentes d’eux, là où les Verdebois  sont ultra superficiel, ignare et rustre, Mathilda est tout l’opposé. D’ailleurs on voit clairement que ses parents l’aiment un tout petit peu, quand à la fin ils n’hésite pas à la confier à Mademoiselle Candy. Ici on a des parents qui détestent leurs enfants parce que ce sont des enfants et qu’ils détestent ça. C’est hyper dur, hyper violent je trouve, mais à mon échelle d’adulte, je comprends aussi que c’est que de la fiction et que même si réellement des parents sont comme ça, les choses s’arrange.

Mais ce film était marrant à regarder visuellement. Je me suis cru devant  le film « Le Lorax », « Charlie et la chocolaterie », ou « Mathilda » même en un sens. Tout est coloré, doux, acidulé, on est sur des couleurs pop, flash et voyante, c’est enfantin et personnellement j’adore ça. C’est une ambiance qui colle parfaitement au propos. On est dans un monde d’enfants, qui pensent que leurs parents ne sont pas si mauvais, que le monde n’est pas si dur, tout est beau et tout est gentil. C’est tout ce qui ressort à l’image. Alors oui on a pas de grande GRANDE variation de rythme de couleur, de plan, de découpe mais parfois cette simplicité colle mieux avec le film qu’on essaye de faire. Surtout qu’il ne faut pas quitter des yeux le fait qu’on est dans un film pour « enfant » et donc on ne peut pas avoir d’énorme complexité de réalisation, il faut que le film reste dans les canons de l’enfance sinon c’est clair qu’un gosse ou ado va complètement s’en battre les reins.

Mais en plus de cette simplicité, qui fait un bien fou quand on n’a pas envie de penser, ce que j’ai le plus apprécié dans ce film c’est tout le côté « fausse stop motion ». On ne sait pas, et j’ai potassé comme une damnée pour être sûre de ne pas dire de la merde, si le film est de l’animation 3D pure ou si on a du stop motion. Le rendu des personnages et des textures est fait pour nous faire penser à du fil à tricoter, c’est vraiment une constante de tout le film et je trouve ça si chouette, c’est un peu comme une façon de dire que les enfants Willoughby vont tricoter leurs vie indépendamment de leurs parents et de leurs ancêtres. Et si vous lisez tous les articles vous savez sûrement que la stop motion et moi c’est une histoire d’amour incroyable (d’ailleurs j’ai tellement d’histoire d’amour dans le 7ème art que ça fait presque peur). Et bien là le fait qu’on ait quand même une vibe pâtanimation  personnellement j’adore et je trouve que ça rend très très bien. Encore une fois ça apporte un petit côté plus doux et plus enfantin à l’horreur de l’histoire (oui alors « horreur » c’est peut-être un peu fort). Le modèle 3D du film rend un peu un effet « jeu de poupée », comme si c’était des enfants avec des barbies, des action man et des figurines kinder, qui avaient totalement inventer et animer cette histoire.

Les personnages sont attachants, ce sont des enfants paumé qui malheureusement sont obligé d’agir comme des adultes. Et les adultes de l’histoire sont plus souvent proches d’enfants. Que ce soit la nounou qui garde une âme d’enfant après avoir eu une enfance difficile, ou le commandant Mélanoff qui est un mélange de Willy Wonka et d’un personnage de Candy Crush saga, ou bien même les parents qui ont des attitudes d’enfants gâtés et égoïstes, on est sur des figures adultes qui ne le sont pas vraiment, alors que les enfants sont bien plus mature et posé finalement, que ce soit les Barnabés  qui sont bien plus malin et posé que ce qu’on peut penser, Tim qui agit déjà comme le chef de famille ou Jane qui, même si elle garde en elle une part de magie enfantine, va être la voix de la raison dans l’océan de malheur. Je trouve qu’encore une fois on est très proche des désastreuses aventures des orphelins Baudelaire. J’ai adoré découvrir ce film, c’était un dimanche, il faisait hyper moche si je me rappelle bien et j’ai juste pris mon pied de ouf à le regarder. Parce que je n’avais pas d’attente, parce que je n’avais pas d’exigence et surtout parce que le synopsis me plaisait énormément. Netflix à ce don de sortir au moins une pépite par an, un petit film où justement on va soit s’émerveiller soit être dans une transe contemplative comme c’était le cas pour « Klaus ». C’est clairement un film que je pourrais revoir pendant mes longues nuits d’insomnie parce qu’il est simple, sans prise de tête et beau comme un livre de conte. L’univers ultra coloré et acidulé ne peut que chasser les angoisses des nuits sans sommeil à mon avis. Pour les fêtes, je ne peux que vous encourager à le voir, à vous déconnecter de tout que ce soit en pensées ou physiquement en posant votre portable loin de vous et juste profité, dans des temps comme ceux que l’on vit, c’est important de s’accorder des pauses plus douce et ce film peut amplement y contribuer.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *