La forme de l’eau

Modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultrasecret, Elisa mène une existence morne et solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres…
(Source : Allociné)

Quand j’ai regardé ce film, mon chéri m’a fait remarqué une chose particulière, j’ai un type de film qui m’attire tout comme certains ont un type de personnes vers qui ils sont plus facilement attiré. Et devinez quoi ? “La forme de l’eau” rentre dans ces critères. Du coup attendez vous à beaucoup de positif concernant ce film, parce que dire qu’il m’a subjuguée ce serait un euphémisme.

Guillermo Det Toro sait clairement maîtriser l’esthétique des films. Ce n’est clairement pas le premier que je vois de lui, et je peux vous dire que jusqu’à présent j’y ai tout de suite reconnu sa patte (ou presque). Il y a quelques choses entre le choix des lumières, les couleurs et le tout se ressent dans l’ambiance. Rien n’est laissé au hasard, même pas si c’est au dernier plan, flou et que de toute façon on ira jamais dans cette direction dans le film. Tout est léché et le tout rend le film très graphique et esthétique. Je peux même dire que c’est comme dans “Le Labyrinthe de Pan”, le film a l’air d’être directement sorti d’un livre de conte ou d’un tableau. Les scènes sont de véritables oeuvres à elles seules et elles viennent sublimer le film. Le film a des couleurs dominante et en grande partie le vert qui trouve parfois des nuances chaude ou froide. Mais le vert se retrouve de la couleur des murs, aux néons parcourant le film, en passant par les uniformes des employés. L’ancien patron de Giles, le voisin de Elisa, lui dit en regardant son tableau “plus de vert”. Alors là j’ai mon interprétation et je vous préviens, parfois je suis perchée quand je regarde un film.

Le vert à pour moi deux signification dans ce film. Déjà une grande partie vient du côté “aquatique”, même si on aurait tendance à prendre du bleu pour représenter cela, le vert fonctionne aussi mais pour moi, le vert trouve une autre signification. Avant d’aborder ma théorie, j’aime souligner déjà tout le côté portée sur la religion de ce film. C’est pas une petite ref par-ci par là non, c’est vraiment des infos qui pop assez souvent, j’ai peut être même pas tout relevé. On nous parle de “Blasphème”, Zelda semble à la fois très attachée à la religion et en même temps elle jure souvent “va brûler en enfer” ou autre nuance, Strickland est fasciné par l’histoire de “Samson et Dalila”, on évoque brièvement les sept péchés capitaux, le cinéma sous l’appartement de Elisa diffuse “l’histoire de Ruth” un film qui adapte “le livre de Ruth” qui, bien qu’étant dans la religion hébraïque, reste une énorme notion de religion. De même, les mythes grec ne sont pas épargné, on nous parle du supplice de Tantale, et le cinéma s’appelle l’orpheum, ces deux notions étant des pistes anticipatives sur le déroulé du film pour moi. Et là vous allez me dire “tu es bien gentille mais tu digresse non ?” et je vais vous répondre que non. Mais j’y viens.

Le vert, couleur souvent utilisé dans le spectacle, était une teinture compliqué à produire et de ce fait, on utilisait de l’oxyde de cuivre pour créer la teinture. Malheureusement, la transpiration activait l’oxyde de cuivre et PAF tu étais mort. Cela explique la malédiction du vert au théâtre mais pas que. Au XIIIème siécle, l’église décréta que le vert était la couleur du diable puis qu’elle était mortelle. Il reste un petit plot mais je préfère largement que vous le découvriez seul en regardant ce film car pour moi je trouve que c’était digne d’un bouquet final de feux d’artifice.

Je continue encore un petit peu sur le vert et promis après on parle du scénario. On se rend vite compte que la couleur diabolique est associée à la bête. La couleur lui “colle” à la peau dans le sens figuratif du terme (même si en effet, il est vert). Toute l’ambiance verdâtre le suit et l’accompagne impactant également les personnages qui l’entours. Mais très rapidement le vert n’impacte plus Elisa, qui changera subitement de couleur pour passer au rouge vif et éclatant, à vous de trouver la signification en regardant le film.

L’histoire est très équilibrée, le démarrage qui nous présentent l’environnement, les personnages, le contexte puis nous lance directement dans le sujet afin de ne pas perdre de temps et de développer l’histoire tout de suite. Et croyez moi, c’était une très bonne choses, car, même si ce film est très bien construit, il n’en reste pas moins un film dense et épais qu’il faut prendre le temps de découvrir et d’apprécier, il dure 2h03 mais ce n’est pas 2h03 avec parfois des temps longs et mort non, c’est 2h03 d’intrigue pure et si vous décrochez à un moment je suis quasiment sûre que vous n’arrivez plus à reprendre le train en marche. C’est à la fois une bonne chose, ça fait de lui un film complet mais en même temps ça le rend complexe. Néanmoins, il ne flirt jamais avec les temps long et les temps morts, il ya toujours quelques choses à voir et à appréhender. C’est ça aussi je pense la “Guillermo touch” c’est faire des films où rien n’est à jeter.

C’est quand même un film de 2h03, c’est long et c’est un film qui faut regarder en étant en forme et pas en étant fatigué d’une grosse journée de boulot. Malgré tout je trouve que ça reste un excellent film que j’ai été heureuse de découvrir, je souffrais de grosse apriorie concernant le film, j’avais pas envie de le voir et je l’ai regardé en traînant des pieds. Mais je peux dire que j’ai été agréablement surprise. De ce que j’ai lu sur internet, beaucoup le voit comme un “Amelie Poulain like” et à part le côté gentillet de Elisa, je ne vois pas comment rapprocher ces deux films. Certes oui Elisa est proche de son voisin avec qui elle regarde la télé mais merde alors ça veut dire que chaque héroïne de film qui est proche de son voisin c’est une Amélie Poulain ? Non soyons réaliste, c’est pas quelques points commun qui en font une oeuvre inspiré de… ou une copie de… les gens prennent souvent des raccourcis. Mais en tout cas, que ce soit votre avis ou non, je vous conseille vivement de regarder ce film, lancez vous, peut être vous allez être surpris comme moi, peut être que vous allez voir encore plus de choses ou peut être encore allez vous être déçu mais on ne sait pas tant qu’on tente pas, et comme on ne juge pas un livre à sa couverture, ne jugez pas un film a son affiche, même si là clairement je trouve qu’elle vend pas bien le film.

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